Ludifier l’écriture : défis, contraintes et jeux littéraires
- Melleseraphine-net Éveiletvous
- 7 oct.
- 2 min de lecture
Voici l'interview de SELENA D dans le cadre de la semaine de l'EDUCATION EVEIL&VOUS EDITIONS et ART-CADEMIE

Que signifie pour toi “ludifier l’écriture” ?
Comme pour moi l’écriture est toujours un défi que je me lance, participer à un challenge
d’écriture devient un jeu auquel j’ai envie de participer.
Qu’est-ce que le jeu apporte à ta pratique de l’écriture que l’écriture “sérieuse” ne
t’apporte pas ?
Dans un jeu il y a toujours des règles à respecter, des contraintes à rencontrer. Quand j’écris hors challenge, je ne m’impose rien, je laisse couler.
Te souviens-tu d’un moment où un jeu littéraire t’a fait découvrir une facette
inattendue de ton imagination ?
Oui, quand je me suis lancée dans l’aventure des Recreamini. Je n’avais jamais envisagé
d’écrire des histoires pour les enfants. Jusqu’ici, j’ai toujours écrit pour des adultes et souvent avec des thématiques difficiles. Partir dans un registre très différent a été une véritable découverte et un réel plaisir.
Comment le jeu en écriture peut-il aider à dépasser le blocage de la page blanche ?
Je dois avouer que ça ne m’est pas encore arrivé. Si je ne « sens » pas le truc, je ne le fais pas.
Mais le fait d’avoir un délai, un cadre peut aider à dépasser ses peurs. Savoir aussi que ça reste un jeu qui n’implique pas de véritable obligation de « résultat » peut aider aussi. Et pour les cadavres exquis, se dire que vous écrivez « en équipe » me semble aussi une source de motivation.
Quelle est, selon toi, la différence entre écrire “pour jouer” et écrire “pour publier” ?
Quand j’écris pour jouer, je me plie aux règles du jeu auquel je participe. Je me laisse aussi plus facilement aller à mon imagination. Je suis aussi moins attentive à la cohérence si les règles du jeu ne me l’imposent pas. Si j’écris pour publier, je construis le récit, défini les valeurs et le propos que je souhaite transmettre.
Qu’est-ce qu’une contrainte change dans ton rapport aux mots ?
J’ai l’habitude d’écrire sans structure préalable, je laisse le récit se construire de lui-même. Avec une contrainte, je suis obligée de réfléchir à l’agencement des mots, à penser à plus de règles d’écriture comme éviter des répétitions, des tics d’écriture, adapter ou étendre mon vocabulaire…
Est-ce que respecter une contrainte te limite… ou au contraire te libère ?
Comme je vois ces contraintes comme des défis à relever, ça me libère plutôt que me
contraindre.
Quelle contrainte t’a semblé la plus stimulante jusqu’ici ? Et la plus frustrante ?
En fait, participer aux cadavres exquis m’a à la fois stimulée et frustrée. Stimulée par le défi à relever à savoir aborder un nouveau type d’écriture qui se base sur un récit que je ne maîtrisais pas entièrement. Et frustrée de devoir attendre la suite pour voir ce que devient l’histoire, ne pas en avoir le contrôle de bout en bout.
Comment trouves-tu des idées pour transformer une contrainte en opportunité
créative ?
Dans le fait d’explorer de nouvelles manières d’écrire, d’explorer des types de récits que je ne maîtrise pas du tout.
Si tu devais inventer une contrainte littéraire insolite, quelle serait-elle ?
Ça a peut-être déjà été fait mais par exemple au lieu d’imposer un mot, en interdire l’usage.



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